Le Carmel, un désert fertile

Dans la Bible, la montagne est un lieu propice à la prière contemplative et à la rencontre du Dieu vivant : c’est là que commence l’histoire de l’Ordre du Carmel … Dès le 12ème siècle, des hommes vivent en ermites à la recherche de Dieu dans les grottes du Mont Carmel situé en Israël près d’Haïfa. Albert, patriarche de Jérusalem, leur donne une règle de vie vers 1209. Cette règle, constituée de quelques thèmes bibliques majeurs, est centrée sur la prière comme moyen privilégié pour « vivre dans la dépendance de Jésus Christ et le servir fidèlement d’un cœur pur. » C’est la Règle du Carmel.

Lectio ElieCes ermites s’inspirent du prophète Élie qui, 800 ans avant le Christ, s’écrie : « Le Seigneur est vivant devant qui je me tiens ». Aujourd’hui encore, nous considérons son charisme prophétique comme le modèle de notre vocation, toute tendue à écouter la Parole de Dieu et à la transmettre aux autres.

La reconquête de la Terre Sainte par les Sarrasins oblige les Chrétiens venus d’Occident lors des Croisades, à partir. De retour en Europe, les Carmes changent leur style de vie érémitique pour une vie plus communautaire et apostolique. Ils vivent de plus en plus dans les villes où ils constituent de petites communautés priantes au service de la prédication.  L’Ordre des Carmes est alors reconnu comme un « ordre mendiant » avec les Dominicains et les Franciscains, les « communautés nouvelles » de l’époque. 

Désert fertileDes femmes proches de ces communautés de Frères sont attirées par leur vie de prière. Ainsi naissent les premiers monastères de carmélites au quinzième siècle, notamment grâce à Jean Soreth, alors supérieur de l’Ordre du Carmel. Le mouvement ainsi lancé se répandit en Italie, en Espagne et en France avec la duchesse de Bretagne Françoise d’Amboise : elle fonda un monastère de carmélites près de Vannes et y prit elle-même l’habit.