Depuis « les Pères du désert » jusqu’à ce jour, toutes les Règles monastiques, les Constitutions des diverses familles religieuses évoquent la question du travail. Cette attention révèle combien cette réalité qu’est l’activité humaine s’avère importante pour l’équilibre tant physique et psychologique, que spirituel du religieux. Concernant ce dernier point, le travail est souvent abordé comme un remède à l’oisiveté, mère de tous les errements.

La Règle du Carmel souligne elle-même ce danger en citant saint Jérôme : « Vous devez vous livrer à quelque travail afin que le diable vous trouve toujours occupés, et que votre oisiveté ne lui permette pas d’avoir quelque accès à vos âmes ». Cette place accordée au travail, aux activités manuelles et physiques dans la vie du religieux revêt cependant une attention plus soutenue durant les premières années de formation (postulat, noviciat, temps des études).

Les Constitutions du Carmel, en actualisant les données fondamentales de la Règle, se font plusTravail au Carmel explicites ; précisant ce que recouvre l’activité du religieux, elles en révèlent tout le sens et l’esprit :
« Nous soumettant au précepte de la Règle, nous considérons sérieusement la loi et l’obligation du travail apostolique, intellectuel et manuel comme une expression de pauvreté et de service fraternel, et le moyen de nous procurer le nécessaire pour notre vie, laborieusement mais sans inquiétude. En coopérant ainsi à l’achèvement de la création, nous transformons les choses et la société ; nous témoignons de la présence et de la sollicitude maternelle de l’Église envers les pauvres ; nous nous associons à l’œuvre rédemptrice du Christ… ».

Prédication CarmelAutre aspect du travail : s’il est antidote à l’oisiveté, il est également facteur d’équilibre et source de joie pour l’être humain. Considération qui nous fait saisir l’importance de toute activité de détente et de ressourcement pour le religieux, qu’elle touche le corps, le psychisme ou la vie intérieure. En effet, la formation spirituelle des frères et les études pourraient également conduire à des excès, nuisibles à leur équilibre. Nulle concession à la mondanité en cette approche. Dans son « projet carmélitain », sainte Thérèse elle-même a pris soin de ménager ces grands moments de détente pour l’âme et le corps appelés « récréations ». Ces moments font partie intégrante du quotidien des frères carmes.

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