Je suis né en Tunisie où j’ai passé une partie de mon enfance. Avant mon entrée au postulat, en septembre 1996, je vivais à Montereau (77), exerçant le métier d’instituteur depuis de longues années dans la Z.U.P./Z.E.P.* de Montereau-Surville. Cette cité, comme tant d’autres à population majoritairement démunie ou immigrée, connaît, certes, ses difficultés ; enfant de ce quartier, je demeurais surtout témoin de ses richesses. De plus, je le savais « porté » par la prière d’un Carmel proche, celui de Forges. C’est en 1973-74 que, rendant régulièrement visite à des amis Oblats de Marie-Immaculée (O.M.I.) à la Brosse-Montceau (77), je rencontrais pour la première fois des Carmélites. La communauté occupait provisoirement l’ancien séminaire O.M.I. (un château !) Il s’agissait des Carmélites de Fontainebleau – « en itinérance » – attendant la fin de la construction de leur nouveau monastère, à Forges.

Je fréquentais depuis longtemps les O.M.I., les Bénédictins (à qui je devais mon retour à l’Église), mais sur mon chemin, une amitié inattendue naissait, lentement, avec le Carmel. C’est toutefois un peu plus tard que je me suis reconnu dans « cet esprit », lorsqu’un ami prêtre insista pour me faire découvrir une figure du Carmel : le Père Jacques de Jésus, un éducateur, un enseignant (et un prêtre) que le Carmel attira. J’entrevoyais avec étonnement une expression masculine du Carmel ! Des séjours en Terre Sainte confirmèrent cet attrait. Sans tarder, je me suis mis à fréquenter régulièrement le couvent des Carmes d’Avon. Mais l’entrée au Carmel survint dix ans après !

Le Carmel m’est donc « apparu » à travers des Carmélites et j’étais bien loin de savoir, au début, que sainte Thérèse d’Avila en était la réformatrice. Aujourd’hui, en lisant le Château de l’âme de Thérèse de Jésus, je ne peux m’empêcher de penser en souriant que ma première rencontre avec le Carmel eut pour cadre un château (bien matériel) qu’occupaient provisoirement des Carmélites. Pouvais-je imaginer, à cette époque, les développements de cette première rencontre ? Je remercie le Seigneur pour les chemins par lesquels Il sait nous conduire !

*Z.E.P. : Zone d’Éducation Prioritaire (terminologie de l’Éducation Nationale).


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