S’engager dans l’oraison

« L’oraison est un commerce intime d’amitié où l’on s’entretient souvent seul à seul avec ce Dieu dont on se sait aimé. »
Sainte Thérèse d’Ávila, Vie 8

La prière silencieuse, l’oraison, est au centre de notre vie au Carmel. Cette prière est un élan du cœur qui nous remet chaque instant en présence de Dieu. L’oraison permet de faire grandir en chacun de nous, la rencontre et l’amitié profonde avec Jésus. Nous écoutons et méditons la parole de Dieu dans notre cœur, celle-ci devient une lumière éclairant les activités du jour, dans le travail ou dans la détente, dans les joies ou dans les peines.

L’oraison silencieuse est un moment privilégié de rencontre personnelle avec Dieu. « L’oraison est un dialogue personnel, intime et profond entre Dieu et l’homme » (Lettre de la congrégation pour la doctrine de la Foi, 1989).

Pour sainte Thérèse d’Ávila, c’est le Christ ­Jésus qui doit être le centre de ma vie de prière. Sinon je risque souvent de tomber dans le monologue. Dans la prière, j’apprends à écouter ce que le Seigneur veut me dire car je laisse résonner en moi sa Parole, lue dans la Bible. Je vois comment elle visite les événements de ma vie et les éclaire. Je prends aussi la parole pour confier au Seigneur ce que je vis de joyeux ou douloureux pour que ma vie passe dans ma prière. La prière est bien un dialogue amical qui doit laisser aussi une place au silence : être là, gratuitement et par amour de Jésus. Lui parler, l’écouter, être là.

La présence de Dieu a été considérée de tout temps comme le grand sujet de méditation qui prépare l’esprit à goûter l’intimité divine. Le Carmel accorde une grande importance à l’exercice de la présence de Dieu à la suite du prophète Élie qui se tenait « en face de Dieu vivant » (1R17,1).

Apprendre à vivre en présence de Dieu

Vouloir vivre en présence de Dieu, c’est désirer lui faire place dans sa vie. 2 heures, 30 minutes ou 15 minutes, peu importe le temps consacré, tant que nous avons en nous le désir profond de Dieu, de le rencontrer et de le découvrir.

Vivre en présence de Dieu demande du temps et de l’humilité. Comme disait frère Laurent de la Résurrection « il faut une grande fidélité à la pratique de cette présence et au regard intérieur de Dieu en soi, qui se doit toujours faire doucement, humblement et amoureusement, sans se laisser aller à aucun trouble ou inquiétude. » C’est donc apprendre à se laisser regarder et aimer par Dieu en simplicité, tel que nous sommes.

En savoir plus sur l'oraison

Travailler à la mission de l’Église

Pour être les témoins de l’Amour du Christ

Être saisi par la compassion du Christ, aider son prochain à trouver du sens , écouter, accompagner, être présent auprès des autres,  faire expérimenter la Parole de Dieu comme une Parole vivante aujourd’hui.

Ces mots de sainte Thérèse d’Ávila traduisent son zèle missionnaire :

« Le monde est en feu, on veut condamner à nouveau le Christ, comme on dit, puisqu’on élève contre lui mille faux témoignages, on veut jeter à terre son Église, …il n’est pas temps de traiter avec Dieu d’affaires de peu d’importance. »
Chemin de perfection ch.1

L’accompagnement spirituel est un apostolat que nous accomplissons fréquemment : accueillir avec le Seigneur, écouter, être pris à témoin de ce que l’autre, homme ou femme, vit en ombre et lumière ; l’aider à devenir un être de prière, à reconnaître le chemin de vie qui se découvre jour après jour. Ce travail d’acompagnement est important.

D’autres ministères sont possibles : une journée avec une fraternité de laïcs de spiritualité carmélitaine (OCDS), un cours de théologie, une soirée avec un groupe de prière, une longue retraite de sept jours, un temps en aumônerie d’étudiants, quelques jours dans une communauté de Carmélites que nous accompagnons. La rencontre des Carmélites est un temps d’enrichissement mutuel, même si le rythme en est très variable selon les possibilités des frères.